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«
L'hypocrisie est ma seule arme pour gagner mon pain. »
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Stendhal
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"J'avais
beau faire, je n'arrivais pas à voir là-dedans autre
chose que du guignol. Sébastien, avec son intuition, devait
s'en rendre compte, et c'est pour ça qu'il faisait la gueule,
qu'il exagérait son air figé, pénétré
de faux respect. Je l'ai vu manipuler sa caméra avec énervement,
filmer le drapeau, le colonel, des trucs idiots de ce genre.
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La
connerie me rend malade."
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| (page
13) |
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"Ils
envisagent peut-être de lancer le truc à Hollywood,
a dit le type. Ils ont un faible, là-bas, pour les religions
orientales, la spiritualité, le yoga mystique, les bonzes,
lamas, derviches tourneurs et tout le fourbi. Leur façon
à eux de s'évader, d'escamoter leurs problèmes
en se donnant bonne conscience, l'auréole autour du crâne."
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| (page
14) |
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"Nous
sommes en pleine farce."
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| (page
14) |
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"C'est
à ce moment qu'a surgi Sébastien, surexcité
à froid, se tortillant, une vraie gonzesse, l'il brillant."
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| (page
14) |
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"Écuré,
j'ai pris la caméra et filmé le baron Sébastien
Cardon de Montvermeil sur front de troupes caodaïstes, l'air
con à vomir."
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| (page
15) |
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"Il
en tient pour les formules rassurantes. Il se colle des illères
qu'il passe son temps à ajuster en répétant
dans une douce extase : ce monde est sublime, la vertu l'emporte
partout, l'ordre et le justice règnent à l'ombre du
drapeau, la révolte ne peut naître que dans des curs
mauvais qui recevront un châtiment mérité.
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Ça me rappelle quelque chose. Il ne serait pas un peu américain,
par hasard ? |
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Moîtié. Sa mère est américaine. |
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Je vois. Et le père, alors ? Baron ou comte, qu'est-ce qu'il
fout ? |
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Le père s'appelle Cardon. Pas plus de blason que de beurre
en broche." |
| (page
15 et 16) |
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| "
Ce n'est pas l'instinct qui est mauvais, c'est l'acte..." |
| (page
18) |
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| "Le
malheur, c'est que je ne puis écrire une ligne que je ne pense
pas, ai-je dit." |
| (page
19) |
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"Je
n'ai rien, c'est un fait. Je compte pour rien aux yeux du monde,
je n'intéresse pas les belles dames, je suis seul. Évident
que je me soucie grandement d'échapper à cela. Sortir
de l'infecte misère. Briller. Être connu. Être
aimé. L'ennui est qu'il faille avant tout se montrer médiocre.
Rassurer le public en faisant son lit dans la petitesse et dans
l'infâmie ordinaires."
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| (page
24) |
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| "
Le discours, où avez-vous mis le discours ? a soudain bégayé
Sébastien. |
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J'avais
dégueulé dessus. Un vrai torchecul. On ne distinguait
plus rien. Dans la bagnole secouée, j'ai recommencé
en vitesse, "à toute pompe". Les grands traits,
les trucs principaux. C'était illisible.
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Ça ne fait rien, a-t-il dit, j'improviserai. |
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On
est arrivés abrutis de chaleur, de bruit, la tête vide,
suants, fourbus, infects, surtout moi parce que lui avait quand
même tenu le coup dans l'avion et son shantoung restait correct."
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| (page
29) |
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Oisive
jeunesse
À tout asservie
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie. |
| Arthur
Rimbaud |
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"La
connerie, état béni qui épargne la réflexion
et sauve la foi. Anatole France en a parlé, dans le temps,
doux maniaque rêveur qui, les pieds au chaud, s'attendrissait
sur l'humanité en fins discours et charités modiques.
Eh bien ! moi, tous les bourrages de crânes me font chier,
d'où qu'ils viennent."
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| (page
78) |
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"Partout
l'homme devient un chiffre vidé de substance, et les drapeaux
de la fureur et de la haine ont beau être de couleurs différentes,
c'est la même uniformité moutonnière qui menace
cet univers..."
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| (page
91) |
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"Alors
Laurent, tel un feu-follet, réapparut dans l'entrée
pour lui jeter, hilare :
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Je te pisse à la raie, eh, bourrique !"
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| (page
118) |
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"Disponible,
il garderait la ferveur des attentes, le pied léger, la démarche
vive, et chaque fois des semelles de vent sauraient l'entraîner
au large, loin des remous et des senteurs mauvaises qui naissent
de l'immobilité et du cloisonnement.
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Il
ne serait d'aucun clan, d'aucune routine, d'aucun parti, d'aucune
société."
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| (page
169) |
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"Le
sarcasme était notre défense et notre masque préféré
pour tenter de nier tout ce qui séparait nos songes de la
'réalité rugueuse à étreindre'."
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| (page
12) |
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"Nous
ne cherchions pas forcément la gloire, mais au moins un chemin
qui ne soit, dès le départ, une ornière et
le renoncement à toute ambition."
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| (page
30) |
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"Malgré
cela, nous devons nous imposer, s'il le faut, d'être vulgaires.
Écrire le livre que tu écris, tu penses peut-être
que c'est vulgaire. Eh bien, il faut l'être."
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| (page
72) |
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"Nous
ne vivons que d'histoires falsifiées, de préjugés
cons, de soumission servile à des systèmes ineptes
qui nous condamnent, sous prétexte de progrès, à
un entassement de plus en plus sordide dans une apothéose
de vulgarité, de laideur, de médiocrité infinie.
Que signifient, dans un tel océan de merde, les mots démocratie
et liberté ? Ils ne peuvent subsister que dans le vocabulaire
des cyniques ou des innocents."
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| (page
89) |
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«
On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir
soi-même après un trajet que personne ne peut faire
pour nous et ne peut nous épargner, car elle est un point
de vue sur les choses. »
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Marcel
Proust
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"Seul
progrès inconstestable depuis le révélation
du bonheur prétendue 'idée neuve en Europe', le crétinisation
accélérée des masses pour le plus grand profit
de crapules et l'apothéose du veau d'or."
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| (page
10) |
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"D'ailleurs,
comme toujours celles qui ont l'orgasme laborieux, elle danse plutôt
mal, à contretemps et sans le moindre sens du rythme, en
dépit de son acharnement extatique. Et, comme il se doit,
tout en m'écrasant les pieds tant qu'elle peut, c'est moi
qu'avec un sourire indulgent et compatissant, elle daigne excuser."
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| (page
137) |
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"Ce
coup de téléphone de Londres suivait un mot rapide
signalant à la fois mon retour à Paris et la carte
d'Élisa. Elle voulait du 'Jioules et Jim'. Je t'en foutrai,
ma cocotte."
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| (page
168) |
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"La
passion est niaise, il n'y a pas d'âme sur, et toute
poursuite en ce sens est grotesque."
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| (page
177) |
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